L’activité physique, un médicament gratuit et accessible à tous 

22.01.2026
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L’activité physique représente le médicament le plus efficace en matière de longévité, avec 20 à 30% de risque de décès en moins pour les personnes actives. Guillaume Millet, professeur de physiologie de l’exercice, est d’avis que bouger régulièrement est indispensable pour la santé, mais que le sport en lui-même reste facultatif. Il a également déconstruit plusieurs idées reçues, notamment sur l’âge idéal pour commencer ou sur la fatigue comme frein à l’exercice. 

Guillaume Millet s’exprimait lors de Digital Health Connect, événement organisé à la Clinique Romande de Réadaptation (CRR) de Sion au début décembre dernier. Le professeur de l’Université Jean-Monnet de Saint-Étienne a voulu démonter quelques mythes sur le rôle du mouvement dans la santé, en s’appuyant sur des données scientifiques. 

Sport ou activité physique : une distinction essentielle 

Première idée reçue : faire du sport serait obligatoire pour être en bonne santé. « Le sport est facultatif, et peut avoir des désagréments physiques ou gastriques. Mais l’activité physique est indispensable », précise Guillaume Millet. La nuance est importante : l’activité physique englobe tous les mouvements qui permettent d’augmenter la dépense énergétique par rapport au repos, tandis que le sport est plus codifié et souvent lié à la performance. 

« Le terme de sport peut faire peur à une partie de la population. Il faudrait plutôt parler d’activité physique », souligne le professeur. Cette distinction permet d’élargir les possibilités et de rendre le mouvement accessible à tous, sans la pression de la performance

Sédentarité et inactivité : deux problèmes distincts 

Guillaume Millet rappelle que nos ancêtres chasseurs-cueilleurs parcouraient entre 12 et 15 kilomètres chaque jour pour se nourrir, mais qu’ils restaient également assez inactifs pour économiser de l’énergie lorsqu’ils ne chassaient pas. « Nos ancêtres étaient à la fois actifs et sédentaires », explique-t-il. 

La différence entre sédentarité (être assis toute la journée) et inactivité (moins de 150 minutes d’exercice par semaine) est cruciale. « 72% méconnaissent les risques du temps passé assis », alerte le professeur. Au-delà de huit heures d’inactivité par jour, les effets sur la santé commencent à se faire sentir. « On peut être sédentaire et champion de course de montagne. Mais si on ne fait pas au moins 1h à 1h30 de sport par jour, il faut aussi chercher à limiter notre temps assis. » 

L’activité physique : une question de volonté ? 

Pourquoi est-il si compliqué de bouger régulièrement ? « Nous sommes des descendants des chasseurs-cueilleurs et notre cerveau est formaté pour s’économiser. Pour bouger, on doit mobiliser des ressources qui utilisent de l’énergie et nous ne sommes pas formatés pour cela », explique Guillaume Millet. 

Pour activer tous les leviers, le professeur recommande de miser sur le plaisir, les expériences positives pendant l’enfance, le sentiment d’accomplissement, le bien-être avec de la musique, le levier du groupe ou l’encadrement par des professionnels, mais aussi les outils numériques. La théorie du « nudge », qui consiste à faire évoluer les comportements sans contrainte, peut également être efficace : messages positifs aux abords des escaliers, autorisation de la position debout en réunion, ou encore messages encourageant à ne pas prendre l’ascenseur. 

Plus efficace que les médicaments 

« L’activité physique est le médicament le plus efficace en matière de longévité », affirme Guillaume Millet. Les bienfaits sont très connus, avec moins d’effets secondaires que les médicaments. « Cela vaut le coup de mettre de l’argent pour promouvoir l’activité physique, puisque les coûts pour la société sont plus faibles, tant au niveau physique que mental », souligne le professeur. « Les gens veulent vivre mieux, donner de la vie à leurs années, et pas des années à la vie. » 

Contrairement à une idée reçue, certaines personnes ne sont jamais trop faibles ou trop vieilles pour faire de l’activité physique. « On peut à tout moment passer de sédentaire à sportif », assure Guillaume Millet. En lien avec le vieillissement, l’activité physique a un effet sur le moral, le sommeil, le squelette et les maladies chroniques.  

Même la fatigue n’est pas une bonne raison pour ne pas pratiquer. « Les personnes les plus actives sont moins fatiguées. Il faut soigner le mal par le mal si on est fatigué », conseille le professeur. Lorsqu’on se sent fatigué, se coucher peut entraîner un déconditionnement physique et créer un cercle vicieux. « L’exercice est plus compliqué que prendre une pilule tous les matins, mais cela vaut la peine de le faire. » 

Chaque minute compte 

Faut-il respecter les 150 minutes d’activité physique recommandées par l’OMS chaque semaine ? « 15 minutes d’exercice quotidiens ont déjà un effet positif sur la santé. Chaque pas compte, surtout lorsque l’on passe de 0 à 15 minutes d’exercice », rassure Guillaume Millet. Les bénéfices sont importants au début, puis atteignent un plateau à partir de 2h30 d’activité physique par jour. « Pour 80% des gens, être plus actif, c’est être en meilleure santé. » 

Enfin, l’adolescence n’est pas le seul âge d’or pour développer les qualités physiques. « Adolescence et enfance, c’est là que l’on donne des addictions, donc il faut promouvoir le sport à cet âge-là », mais il n’est jamais trop tard pour commencer et en retirer des bénéfices significatifs. 

Propos recueillis le 2 décembre 2025 lors de Digital Health Connect 

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