Les effets bénéfiques du mouvement et de l’activité physique en général sont souvent sous-estimés. Or, ils peuvent s’avérer bien plus efficaces que certains médicaments pour lutter contre la sédentarité, mais également favoriser une bonne santé mentale. Des efforts doivent être faits pour favoriser l’activité physique grâce à des infrastructures, mais également au niveau de l’éducation. C’est ce qui ressort de la 13e édition de la conférence Digital Health Connect, organisée jeudi à la Clinique romande de réadaptation de Sion.
Plus de 100 personnes ont participé à cette conférence de référence sur la santé, le digital et le sport. Dès l’accueil, un parcours actif a donné le ton : design actif, messages incitatifs et exercices ludiques ont invité les participants à bouger et à réfléchir à la place du mouvement dans le quotidien.
La manifestation, organisée par Swiss Digital Health , la HES-SO Valais/Wallis et la Fondation The Ark, a été ouverte par Sébastien Mabillard, président de Swiss Digital Health. Ce dernier a rappelé l’importance du mouvement dans le maintien de la condition physique, la prévention des maladies chroniques et la qualité de vie.
Guillaume Millet, professeur de physiologie de l’exercice à l’Université de Jean-Monnet de St-Etienne a ensuite démonté quelques mythes sur le rôle du mouvement dans la santé, sur la base de données scientifiques. Il a notamment affirmé que faire du sport n’était pas obligatoire pour être en bonne santé. Le sport, plus codifié et lié à la performance, peut faire peur à certaines franges de la population. Pourtant, l’activité physique reste indispensable. « Il y a une sorte de dédain chez certains médecins, comme si c’était trop simple de prescrire de l’activité physique à leurs patients », note Guillaume Millet.
En parler avec les sédentaires
Des gestes simples peuvent déjà enclencher une dynamique. Lors du panel « Soigner par le mouvement », Lionel Constantin d’Unisanté a suggéré à toute personne au contact d’individus sédentaires de prendre trois minutes pour les questionner sur leur activité physique. « Cela peut planter ainsi une petite graine et ouvrir la discussion sur l’importance de l’activité physique », souligne-t-il.
Plusieurs initiatives qui favorisent le mouvement sont en place dans différentes institutions de santé, comme à la Clinique romande de réadaptation ou à l’Hôpital fribourgeois (HFR). « Le mouvement doit maintenant être considéré comme un soin », note Thibault Devaud, maître de sport à l’HFR. Ce dernier a lancé un projet « d’hôpital sans pyjama », avec un escape game pour motiver les patients à bouger. D’autres programmes de remise en mouvement des personnes sédentaires sont également en place à l’instar de « Pas à Pas+ » dans le canton de Vaud.
Les réseaux sociaux à la rescousse
Les influenceurs des réseaux sociaux peuvent aussi, sous certaines conditions, permettre aux personnes de bouger davantage, en particulier les jeunes. C’est ce qui ressort d’une enquête et d’un projet de l’Université de Berne, coordonnés par Rahel Aschwanden. « La communication institutionnelle autour du mouvement échoue, car elle est trop éloignée du quotidien des jeunes, trop moralisatrice ou trop idéalisée », note cette dernière. Avec des influenceurs impliqués et de petites actions concrètes à proposer, les résultats sont meilleurs.
Philippe Furrer, co-fondateur de bloomUp, a de son côté montré comment il est possible de se réapproprier des « tiers lieux » pour en faire des endroits propices au mouvement, notamment pour les jeunes. Ce dernier s’appuie sur une méthode qui a fait ses preuves. Il s’agit tout d’abord de bien connaître les contraintes et les équipements du lieu. « Ensuite, nous allons à la rencontre des ambassadeurs et repérons les freins qui retiennent les gens et enfin, nous animons les lieux. Il ne suffit en effet pas de poser des équipements pour que les jeunes se les approprient ».
Promouvoir l’activité physique grâce aux politiques publiques
Comment encourager la population suisse à bouger davantage ? Un second panel a réuni quatre experts autour des leviers fédéraux, cantonaux et communaux. De la création de projets innovants au financement d’infrastructures locales, les intervenants ont démontré qu’une approche structurée et des arguments solides permettent de faire évoluer les mentalités politiques.
« Être soutenu par la Confédération est un gage de qualité, qui permet de trouver des partenaires et motiver d’autres acteurs », souligne Annette Notz, directrice adjointe de l’OFSPO, qui pilote le lab 7×1 visant à promouvoir une heure d’activité physique quotidienne.
Pour Jérémy Maillefer, délégué à l’activité physique de la Ville de Renens, la clé du succès réside dans la patience et la rigueur. « Il ne faut pas autant de budget que cela. Pour autant que le climat soit propice et que l’argumentaire soit solide, on arrive à faire bouger les choses ».
Du côté de Promotion Santé Valais, Thibaut Matti insiste sur l’importance d’adapter les stratégies nationales au terrain local. « On doit décrypter les stratégies pour les appliquer sur le terrain ».
Enfin, Florelle Udrisard de la Fondation IdéeSport met l’accent sur l’accessibilité et le plaisir. « L’idée est de ramener le plaisir de bouger et le jeu ensemble, en se détachant de la notion de progression et de performance ».
Trois start-up pour terminer
La conférence s’est conclue par les pitchs de trois start-up qui proposent des innovations concrètes en lien avec le mouvement.
- BoxUp développe, notamment pour les collectivités publiques, des casiers comprenant du matériel de sport. Cette prestation clé en main est gratuite pour les utilisateurs et permet de mieux valoriser les espaces d’activité physique.
- LudHealth, basée en France, propose quant à elle des stations multi-activités et interactives pour inciter les enfants et/ou les seniors à faire des activités physiques. Ces stations sont modulables et déplaçables facilement. Cinquante pièces sont déjà en fonction dans différents établissements de soin.
- Enfin, la start-up valaisanne ViMou développe une technologie qui permet aux patients de se réapproprier leur corps. Un système de projection reproduit de manière artistique les mouvements de la personne, pour les transformer en œuvre d’art personnalisée.
💡 Cette conférence a aussi lancé un appel à idées : Comment innover pour inciter au mouvement, partout, pour toutes & tous ? Vos idées comptent. Inscrivez-vous ici pour être tenu.e au courant de son lancement prévu pour 2026 !
✔️ Un deep dive sur la thématique de la santé par le mouvement sera publié sur swissdigitalhealth.com au printemps 2026. Restez connecté.e !
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