PERSIST, L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE AU SERVICE DES SURVIVANTS DU CANCER

Persist

Chaque mois, nous partons à la rencontre d’acteurs de l’écosystème de la santé valaisan et mettons en lumière les projets innovants qui font la médecine de demain. Aujourd’hui, nous nous attardons sur le projet PERSIST, un projet de recherche et d’innovation, développé dans le cadre du programme européen Horizon 2020. Ce nouveau portrait met en lumière les travaux effectués par les chercheurs de l’Institut d’Informatique de Gestion de la HES-SO Valais-Wallis. C’est au Swiss Digital Center, à Sierre, en Valais, qu’ils travaillent sur un prototype d’application qui permettra d’accompagner et de faciliter le quotidien de patients qui ont survécu au cancer.

Le projet PERSIST a débuté en janvier 2020 et touche plusieurs domaines : celui de la santé, de l’informatique, de l’intelligence artificielle et du big data. Ce projet de recherche est mené spécifiquement sur le cancer du sein et le cancer colorectal. PERSIST ambitionne d’optimiser le support et l’accompagnement des patients, à partir de l’analyse des données rétrospectives (avant le diagnostic, durant la phase de traitements et lors de la convalescence).

Pour en apprendre davantage sur ce projet, nous avons rencontré Jean-Paul Calbimonte, chercheur senior au Applied Intelligent Systems Lab (AISLab) de la HES-SO Valais-Wallis, qui travaille PERSIST depuis son lancement.

Comment est né le projet PERSIST ?

Dans le cadre du programme de recherche H2020, la communauté européenne a lancé un appel spécifique baptisé « societal challenges », qui combine différentes thématiques dont celle de la santé, l’informatique, l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) et le big data. Nous avons créé un consortium avec une douzaine de partenaires présents en Espagne, Belgique, Slovénie, Italie, Portugal, Autriche, Bulgarie, Lettonie et en Turquie et nous avons répondu à cet appel.

Comment fonctionne la solution PERSIST ? Quelle est sa plus-value ?

A partir de l’analyse de données de patients, nous souhaitons proposer une application d’aide à la décision qui améliore la qualité de vie des personnes ayant surmonté un cancer. Pour ce faire, nous traitons de données collectées auprès de patients. Cette étude clinique est réalisée auprès de 160 patients, à l’aide de capteurs pour les données physiologiques, et d’une application mobile. Cette application nous permet de récolter les informations que ces patients acceptent de nous transmettre, notamment concernant leurs émotions, les activités qu’ils effectuent, leur rapport à la douleur et leur qualité de vie.

A quel stade du projet êtes-vous actuellement ?

Nous sommes dans la première phase du projet, la partie clinique. Nous nous demandons quels sont les paramètres, les questionnaires dont nous aurons besoin pour créer la plateforme mobile. Le protocole pour l’étude clinique doit être validé dans les quatre pays partenaires, qui disposent chacun de leur propre commission d’éthique. La validation par les commissions d’éthique est un processus qui prend du temps, en particulier durant cette année où les questions liées au Covid-19 ont été prioritaires.

Sur le plan technique, les différents partenaires travaillent actuellement sur la plateforme mobile. Au Swiss Digital Center, à Sierre (Valais), nous nous occupons de l’analyse des données et de l’intégration de l’IA dans la solution. Depuis le mois d’octobre, nous sommes en train de collecter un grand volume de données et de les traiter. Cette partie technique s’appelle la trajectoire du patient et l’objectif est de déterminer tous les évènements que le patient a connus au cours de sa maladie, durant la phase de diagnostic de sa maladie, lors des traitements suivis et aussi durant la phase de rémission. Il s’agit d’obtenir des prédictions pour l’aide à la décision clinique à partir des informations qui concernent tout l’historique médical du patient.

Quel bilan tirez-vous depuis le lancement du projet ?

Le premier bilan est positif, en particulier du point de vue de la collaboration avec nos différents partenaires. Dans un projet tel que PERSIST, nous associons différents types d’expertise : big data, intelligence artificielle, compétences médicales, analyse de laboratoires, partie éthique … Au départ, cela peut faire peur, car cela demande beaucoup d’organisation sur la partie gestion de projet, mais pour l’instant c’est un succès.

Concernant la partie plus technique, nous suivons ici à l’Institut d’Informatique de Gestion une méthodologie de gestion de risques. Nous avons identifié les données potentiellement disponibles dans le big data pour pouvoir commencer à travailler efficacement sur le projet. Cette année 2021 sera cruciale pour nous : il va falloir pressentir les résultats en utilisant l’IA et le machine learning, voir si nos hypothèses de départ vont être validées ou non. En gardant en tête que l’objectif de PERSIST est de fournir des informations utiles pour les médecins.

Quelles sont les prochaines étapes ? Avez-vous d’autres projets dans le domaine ?

Nous allons nous focaliser ces prochains mois sur la partie « algorithmes », en combinant les technologies de machine learning et d’analyse de données pour créer un outil d’aide à la décision clinique.

Dans un deuxième temps, ce concept de trajectoire de patients pourrait s’utiliser dans d’autres domaines des soins, notamment en physiothérapie. Un chatbot pourrait également être créé, qui utiliserait la même technique que celle utilisée pour PERSIST. Cela permettrait de créer d’autres types d’application mobile, qui répondent à un enjeu particulier de santé et adoptent les nouvelles technologies telles que l’IA ou le machine learning.

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