L’électrostimulation, la nouvelle arme de la neurorééducation

Human brain activity with plexus lines.. External cerebral connections in the frontal lobe. Communication, psychology, artificial intelligence or AI, neuronal informations or cognition concepts illustration with copy space.

L’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) a récemment mené une étude sur l’utilisation de l’électrostimulation finement calibrée pour améliorer la récupération motrice, la récupération de déficiences sensorielles, mais également des représentations corporelles suite à un accident vasculaire cérébral (AVC). Découvrez les ficelles de cette étude ainsi que l’utilisation de l’électrostimulation dans les thérapies de neurorééducation au sein de la Clinique romande de réadaptation (CRR).

Une faille neurologique

À la suite d’un accident vasculaire cérébral, plusieurs troubles peuvent apparaitre tels que le trouble de la représentation du corps ou, de manière plus précise, le trouble de la représentation du membre supérieur par le cerveau. Cette faille neurologique fait partie des conséquences à long terme les plus communes. Elle impacte considérablement la façon dont les personnes se servent de leur corps pour se mouvoir, agir et sentir. Les patients victimes d’un AVC font part à leur médecin d’une longue liste de symptômes, dont notamment l’incapacité d’incarner leur propre bras. Sans suivi ni traitement adapté, les déficits sensoriels et de la représentation corporelle peuvent amener les patients à percevoir leur membre comme plus court, moins sensible, moins réactif, voire à l’oublier.

La stimulation électrique neuromusculaire pour une meilleure rééducation

Un consortium composé de neuroscientifiques, cliniciens et neuroingénieurs démontre qu’une stimulation électrique finement calibrée du système neuromusculaire combinée aux pratiques actuelles de réhabilitation montre un potentiel prometteur dans la rééducation. Ainsi les patients souffrant de handicaps durables pourront récupérer le contrôle et la représentation corporelle des membres supérieurs. Le ciblage et l’évaluation non seulement de la récupération motrice, mais aussi des déficiences sensorielles et des représentations corporelles sont au cœur de cette nouvelle étude.

« Cette étude montre qu’il est important d’évaluer les multiples dimensions des fonctions après un AVC, et elle ouvre la voie à des protocoles de réhabilitation cliniques plus efficaces », explique Silvestro Micera, directeur du laboratoire d’ingénierie neurale translationnelle de l’EPFL.

À la suite de tests concluants, les chercheurs ont démontré qu’une thérapie intense et ciblée, tout particulièrement avec la nouvelle stimulation électrique neuromusculaire (NMES), peut repousser les limites de la réhabilitation.

« Notre approche réduit la dissociation perceptuelle des membres affectés. C’est pourquoi il est si important de stimuler électriquement les muscles des survivants souffrant d’un AVC chronique, et de personnaliser la thérapie pour pallier des déficiences précises. », Andrea Crema, premier auteur de l’étude.

Une rééducation personnalisée au cœur de la CRR

La Clinique romande de réadaptation (CRR) utilise elle aussi l’électrostimulation dans ses pratiques de réhabilitation. Cette méthode est utilisée en adjuvant des thérapies de réhabilitation conventionnelles. En effet, elle n’est jamais utilisée seule, mais bel et bien combinée à de la physiothérapie et de l’ergothérapie. Cela permet d’accroitre l’efficacité des thérapies et de proposer une rééducation personnalisée en fonction des besoins du patient. Cette méthode combinée est utilisée pour les patients aigus, subaigus – c’est-à-dire dans les semaines qui suivent un AVC – et chroniques. Les thérapeutes suivent également les patients dans les semaines qui suivent l’AVC.

« Cette nouvelle méthode est intéressante et implémentable à la pratique clinique. Je pense que son efficacité peut être optimale et que ce procédé apporte des bénéfices uniquement si on combine les deux méthodes, à savoir d’électrostimulation et les thérapies conventionnelles », précise la Dre Audrey Weaver, cheffe de clinique du service de réadaptation en neurologie à la CRR.

La stimulation électrique fonctionnelle du système neuromusculaire permet d’apporter une véritable plus-value aux méthodes traditionnelles en améliorant la récupération. Elle possède également un champ d’application varié et peut faciliter le traitement d’autres pathologies telles que les traumatismes crâniens qui provoquent des déficiences motrices et sensorielles, les atteintes de la moelle qu’elles soient traumatiques ou inflammatoires, les atteintes cancéreuses, les atteintes sensitives et motrices, les dystonies – suite à des symptômes parkinsoniens –, les atteintes périphériques après la lésion d’un nerf ou d’un plexus et les AVC aigus.

Le retour des patients et des professionnels sont très positifs. Les patients peuvent progressivement observer leur progression et restimuler le membre lésé grâce à une électrostimulation finement calibrée de certains muscles sous différentes formes et indications. La neurorééducation possède un fort potentiel d’évolution. « La neurorééducation va de plus en plus évoluer avec et en parallèle des neurotechnologies », conclue la Dre Weaver.

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