Le Valais actif dans la course de la télémédecine

SMART télémédecine

La santé à distance a connu un essor sans précédent durant la période de confinement. En effet, les accès aux soins sont soudainement devenus plus complexes et l’afflux de patients n’a fait que croitre. Afin de pallier cette problématique, la télémédecine s’est présentée comme la nouvelle arme des systèmes de soin. Elle permet notamment d’évaluer le besoin de soins à distance et, par conséquent, de trier les flux de patients afin de désengorger les systèmes de santé. Son adoption a été une évidence pour certains, mais qu’en est-il en Valais ?  

La télémédecine s’invite à la Clinique romande de réadaptation

La Clinique romande de réadaptation (CRR) a adopté la télémédecine par visioconférence pour sa consultation spécialisée de “Plaies et cicatrisation”. Afin de toujours mieux répondre aux besoins du terrain, l’équipe interdisciplinaire œuvrant autour de cette consultation spécialisée a étoffé son offre en adoptant une plage hebdomadaire de consultations à distance. Cette dernière est réservée au suivi des patients à mobilité réduite, ce qui leur permet d’optimiser la logistique parfois laborieuse autour de leurs déplacements. Elle permet également de faciliter le travail des médecins de famille, des professionnels de santé des centres ou des établissements médico-sociaux, et des soignants indépendants.

La Dre Iakova, directrice médicale adjointe du centre d’évaluation et consultations, nous précise que les retours des professionnels et des patients sont positifs. Les uns et les autres expriment leur satisfaction. Pour les patients, il s’agit de proposer un certain confort en évitant des déplacements, une véritable odyssée en présence d’une mobilité réduite, et de les rassurer en restant en contact. Les soignants et médecins apprécient le fait de pouvoir faire une évaluation commune avec le centre d’évaluation et consultations en temps réel, uniformiser le langage, échanger autour de la cause et/ou les facteurs aggravants d’une plaie; de rédiger un protocole de soins, de pratiquer certains gestes techniques et d’approfondir leur expertise dans la prise en charge des plaies. Les équipes professionnelles apprécient de pouvoir garantir sécurité et qualité des soins optimaux au travers de ce nouveau processus. In fine, les compétences des uns et les informations des autres se complètent pour faire bénéficier au patient d’un service de pointe, en temps réel.

« Avant la pandémie de COVID-19, nous avions déjà commencé à travailler sur la mise en place de la télémédecine, à travers une consultation par visioconférence uniquement pour les patients à mobilité réduite et à titre de suivi après une première évaluation ambulatoire à la clinique. La pandémie a accéléré le processus. Le confinement en 2020 a inévitablement retardé la mise en place d’une prise en charge adéquate chez certains patients et celle déjà en place a dû être espacée, voire interrompue. Dès lors la télémédecine, rapide, réactive et sans contrainte de déplacement, nous a paru comme une évidence dans l’objectif de garder les réseaux de soins les plus fonctionnels possibles et de la sorte éviter un retard significatif dans la prise en charge et une dégradation des situations. Cependant, elle devrait rester pour l’heure une solution complémentaire à la rencontre « en présentiel » qui, elle, reste indispensable pour une prise en charge réussie selon la règle d’or – le bon patient, au bon moment et au bon endroit. », nous confie la Dre Iakova.

Le CMI et les HUG à la tête d’un projet de télémédecine

La télémédecine s’invite également à Crans-Montana. Les communes du haut-plateau et les HUG ont lancé un nouveau projet pilote. En effet, le Centre médical intercommunal (CMI) du Haut-Plateau et les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) ont mis sur pied une consultation médicale à distance pour les résidents des communes de Crans-Montana, Icogne et Lens. L’objectif est de développer des outils pour faciliter l’accès aux soins de qualité quel que soit l’environnement.

Concrètement, deux infirmiers ou infirmières de première ligne, formés à la télémédecine reçoivent les patients adultes. Les premiers soins leurs sont prodigués et, si le problème de santé le nécessite, une consultation est organisée par visioconférence avec le médecin cadre de garde basé au Service de médecine de premier recours des HUG. Le soignant prend ensuite, le cas échéant, rendez-vous pour une consultation avec un des médecins du Centre médical intercommunal pour le lendemain ou les jours suivants.

Ce projet de télémédecine doit permettre de soulager le système de soins en soirée notamment lors de périodes de haute fréquentation touristique durant lesquelles la consultation est souvent saturée. Cela permet d’étendre les plages horaires et d’assurer aux habitants des communes et aux touristes un accès rapide aux services médicaux.

L’OCVS lance une solution de télémédecine high-tech : le e-SMUR

L’Organisation cantonale valaisanne des secours (OCVS), qui organise, gère et supervise l’ensemble du dispositif préhospitalier cantonal, est amenée à innover sans cesse pour améliorer en permanence l’efficience du dispositif ainsi que sa robustesse toujours avec le souci de l’intérêt du patient en point de mire. Grâce à un fort esprit entrepreneurial qui anime ses équipes et au soutien du Service de la santé publique du Canton du Valais, l’OCVS a déployé sa solution de télémédecine encore unique en Suisse : le e-SMUR (médecin à distance) !

L’atout majeur de cette solution est l’augmentation de la disponibilité du médecin physique. Elle favorise ainsi une gestion efficiente de l’exploitation du Service Mobile d’Urgence et de Réanimation (SMUR). Le médecin est en quelque sorte « libéré » des interventions qui ne nécessitent pas sa présence sur place en facilitant la délégation d’actes médicaux aux ambulanciers auprès du patient, sur le site d’intervention. Il devient ainsi possible pour le médecin urgentiste du SMUR de suivre potentiellement plusieurs interventions simultanément. Enfin, la solution e-SMUR est moins coûteuse pour le patient, car les frais du chauffeur et du véhicule ne font plus partie de la facture dans ce cadre-là.

Pour plus d’informations sur ce projet, nous vous invitons à lire l’article : PREMIÈRE SUISSE, LE 144 VALAISAN LANCE SON E-SMUR ! – S.M.A.R.T. Confluence (smartconfluence.ch)

Quand la télémédecine s’invite en montagne

Des professionnels de secours et de médecine de montagne provenant de Suisse, de France et d’Italie s’étaient réunis autour d’un projet transfrontalier : e-Rés@mont. Ce projet, financé par le canton du Valais, la Confédération et le programme Interreg Italie-France ALCOTRA, se fixait comme objectif majeur d’accroître la sécurité sanitaire en montagne à travers le développement, l’expérimentation et la mise au point d’innovants services sanitaires de médecine de montagne de proximité basés sur les technologies de la télémédecine et de la téléconsultation que ce soit pour la population, les touristes et les professionnels de la montagne. Ce projet a notamment débouché sur la collaboration entre les Instituts Informatique de gestion ainsi qu’Entrepreneuriat & Management de la HES-SO Valais-Wallis et le Groupe d’intervention médicale en montagne (GRIMM). Ces derniers ont développé une application mobile gratuite, visant à sensibiliser les touristes, les randonneurs et les alpinistes aux maladies liées à l’altitude et en venant en aide aux personnes souffrant du mal aigu des montagnes. Un nouveau modèle d’assistance sanitaire, basé sur un service de téléconsultation, a donc été mis sur pied.

Suite au succès d’e-Rés@mont, le GRIMM, en partenariat avec la HES-SO Valais-Wallis, a récemment débuté un nouveau projet : CIME pour Coopération pour l’innovation de la médecine de montagne. Ce projet a pour but de mettre en commun des compétences entre le Valais et le Val d’Aoste, afin d’améliorer la qualité de vie des gens habitant ces régions montagneuses. L’idée est de stimuler la réflexion sur de nouvelles solutions techniques ou organisationnelles pour utiliser la télémédecine dans le cadre de pathologies impactées par des délais d’accès aux soins (ndlr : dans les territoires de désert médical et où l’accès à un médecin n’est pas facile ou retardé).

Les objectifs principaux de ce projet consistent à :

  • Mettre en place une plateforme de formation et de soutien en télémédecine pour les personnes résidentes dans des zones peu accessibles en montagne.
  • Définir et mettre en œuvre un parcours de formation pour le personnel de santé et les opérateurs de sauvetage (guides de montagne, opérateurs de sauvetage en montagne, infirmières travaillant dans les centres de traumatologie), pour construire et certifier leur capacité à utiliser la télémédecine.
  • Améliorer les protocoles utilisés pour les interventions de secours médical pour les pathologies liées à un temps court dans toutes les zones de montagne isolées et pour les cas où certaines procédures (initialement pensé pour le COVID-19, mais applicables à d’autres) entraînent un allongement du temps qui pourrait mettre le patient en danger.
  • Favoriser le maintien des locaux en milieu de montagne.

La mission de ce projet vise à favoriser l’implémentation et l’utilisation de la télémédecine de manière pérenne.

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